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07 décembre 2010

Nouveau départ toulousain pour SeleXel, spécialiste des ARN interférents contre le cancer de la prostate

Une entreprise de cancérologie installée au sein de l’Oncopôle Toulouse

SeleXel, la biotech spécialisée sur les ANR interférence en cancérologie créée en 2006 à Paris, s’est installée en septembre à Toulouse dans la pépinière d’entreprises du Centre Pierre Potier / ITAV, située sur l’Oncopôle de Toulouse.
Nouvelle venue à Toulouse, SeleXel n’y compte pas moins des collaborations déjà anciennes et travaille désormais en interaction étroite avec les chercheurs des unités INSERM de Rangueil et de l’Institut Claudius Regaud, où se dérouleront les essais cliniques de sa première molécule.

JEI qui compte aujourd’hui 4 salariés, SeleXel est une des premières entreprises hébergées au centre Pierre Potier, fer de lance des ambitions toulousaines en matière de lutte contre le cancer. « L’Oncopôle de Toulouse est un concept formidable, que je suis depuis son lancement en 2004 et qui me semble être l’endroit rêvé pour mixer les cultures et créer les synergies entre industriels, académiques, cliniciens et faire avancer la recherche et ses applications pour le patient. Auquel il faut ajouter l’attrait de la ville et de la région ! » témoigne Florence Cabon, directrice scientifique et fondatrice, venue du campus parisien de Villejuif. Même si, à l’heure des « essuyages de plâtres », « il reste des points à optimiser pour faciliter la vie des entreprises et disposer d’un vrai « package clef en mains » pour pouvoir se consacrer à la recherche et au développement du projet ».

L’ARN interférence contre le cancer de la prostate

Car la passion de Florence Cabon, qui est passée de la neurologie à l’oncologie et s’est spécialisée sur l’angiogénèse, est là : trouver des applications cliniques à ses travaux de recherche, et notamment développer des solutions thérapeutiques contre le cancer de la prostate réfractaire aux traitements hormonaux actuels, qui fait 10000 morts pas an en France.
D’où l’intérêt de l’approche de SeleXel, qui à partir d’un portefeuille de brevet relatif à l’utilisation de l’ARN interférence en cancérologie, propose de centrer la démarche thérapeutique sur le récepteur des androgènes qui joue un rôle majeur dans l’apparition du cancer de la prostate, et non sur le ligand, la testostérone, comme c’est le cas avec les traitements actuels. Pour empêcher la synthèse du récepteur des androgènes et s’affranchir au passage des mutations qui surviennent au cours de la progression tumorale, SeleXel utilise les ARN interférents, qui agissent tels des ciseaux moléculaires spécifiques à un ARN messager, inhibant ainsi la synthèse de la protéine codée par cet ARNm.
Novatrice dans le traitement de la prostate, l’approche de SeleXel peut s’avérer puissante pour de nombreuses pathologies, le mécanisme d’ARN interférence, probable héritage de l’évolution permettant de lutter contre l’introduction de génomes étrangers, apparaissant aujourd’hui comme un moyen de correction de l’expression génique offrant d’immenses possibilités de traitement. En témoigne l’attribution, en 1986, du Prix Nobel de Médecine à Andrew Fire et Craig Mello pour cette découverte.

ANR Biotecs et SXL-01

C’est pour soutenir cette approche novatrice que l’ANR a accordé en juin 2010, dans le cadre de son programme BIOTECS d’accompagnement de la recherche de rupture en sciences du vivant, un financement de 1.7 M€ à un projet coordonné par SeleXel. Objectif : faire la preuve de concept de l’intérêt des ARN interférence en cancérologie. Dans le cadre d’un projet labellisé par le Pôle Cancer-Bio-Santé, SeleXel lancera donc début 2011 des essais réglementaires de toxicité pour son premier produit baptisé SXL-01 et au cours du 3e trimestre 2011, en partenariat avec l’Institut Claudius Regaud, les premiers essais chez l’homme pour valider l’innocuité de SXL01 et l’intérêt sur le plan biologique de l’approche ARN interférence. L’ambition de SeleXel étant ensuite de pousser, le développement de cette première molécule pour ensuite la céder sous licence ou nouer un contrat de collaboration avec une big pharma tout en poursuivant le développement d’autres molécules de son portefeuille de brevets.

De l’attractivité de Toulouse aux atouts du Pôle CBS : Club des Investisseurs et International

Pour financer ces développements et tenir jusqu’à la fin la phase 1 et à l’établissement de la preuve de concept thérapeutique, SeleXel, après une première levée de fonds de 550k€ issus du « love money » et de proches de l’entreprise, recherche 600 k€ d’ici mi 2011. En juillet, SeleXel a donc présenté son projet devant le Club des Investisseurs privés du Pôle CBS, une initiative jugée très intéressante par Florence Cabon, « le label CBS validant le sérieux et la cohérence de l’approche de l’entreprise ». Dès 2011, SeleXel, nouveau membre de CBS, envisagera également de participer aux actions à l’international mises en place par le Pôle et assoir ainsi son implantation dans la ville rose.

 

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